samedi 11 août 2007

Les rois de coeur

Il était une fois un grand pays du nom de Mmérie. Le roi qui le dirigeait, Atlas II, avait trois femmes, très belles. La première année de son règne se passa dans l'harmonie et la paix. Pourtant l'inquiétude commençait déjà, en sourdine, à ronger le coeur des jeunes épouses. Chacune, en même temps, portait en son sein un enfant. Un vrai miracle de royauté. Hélas! Chacune d'elles, maintenant, rêvait de mettre au monde l'héritier du trône. - Mon enfant revêtira le manteau de royauté et fera de Mmérie le plus grand empire du monde, murmurait doucement la reine brunette, Reine Tara, à l'oreille de son époux. - Je vois déjà en rêve mon fils porter la couronne et soulever le sceptre en signe de victoire, répétait inlassablement celle dont les cheveux blonds lui avaient mérité le nom de Reine Soleil. - Sire, je sais que notre poupon sera le futur monarque et que vous lui accorderez le pouvoir car je suis votre favorite, déclarait la rousse, Reine Flavie, cette beauté du diable qui savait si bien séduire son roi.
Pauvre Atlas II ! Le ciel semblait lui être tombé sur la tête. Tous les jours, la jalousie des
femmes grandissait et la défiance s'installait. Les peurs des trois femmes ombrageaient leur charme et leur élégance. Les belles manières semblaient un luxe du passé. Certaines mauvaises langues disaient que les reines étaient devenues de vraies chipies.
Le roi rassembla ses conseillers fidèles. L'un après l'autre, en se donnant beaucoup d'importance, offrait sa solution. - Si une des femmes a un fils et que les deux autres accouchent de filles, c'est, sans conteste, le garçon qui deviendra notre futur roi. - Non ! Sire, je crois que les filles ont autant de droits à la monarchie que les garçons. Les temps ont changé et il faut donner chance égale aux deux sexes. - Simplement, donnons au premier-né le titre de futur héritier ou de future héritière. L'aîné, garçon ou fille, l'emporte, voilà tout.
Le roi, las d'écouter tous ces propos, hochait la tête de gauche à droite et de droite à gauche. Il savait bien que pas une de ces solutions ne pourrait satisfaire ses trois belles femmes. Soudain, il eut l'idée d'aller consulter son père, le vieux roi Atlas 1er. Même si le vieillard semblait maintenant épuisé et vaincu, à cause de son âge, il avait conservé un jugement remarquable. De plus, il serait certainement très heureux d'apprendre qu'il deviendrait trois fois grand-père tout
à la fois.
Tel que prévu, Atlas 1er, futur grand-père, fit couler le meilleur vin afin de célébrer la bonne nouvelle. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas fêté ainsi, mais apprendre qu'il aurait une descendance nombreuse le rendait ivre de joie. Pris de vin, il arriva néanmoins à écouter les inquiétudes de son fils. Il lui offrit son conseil. - Retourne chez toi et dis à tes épouses que tu choisiras le futur roi en jouant le jeu du hasard. Si la chance sourit à leur progéniture, eh bien! ce sera grâce à sa bonne étoile. Le destin couronnera celui ou celle que les dieux préfèrent.
Atlas II connaissait bien ce jeu du hasard. Il fallait le concours du fou du roi. Le fou se plaçait au sommet de la grande tour et il lançait dix rubans de différentes couleurs dans l'air. Un seul des rubans était de couleur rouge. La personne qui recevait le ruban rouge sur la tête devenait la personne élue à la tâche. Dans ce cas-ci, le ruban rouge déterminerait lequel des enfants porterait la responsabilité du royaume. Le vieux roi Atlas II ajouta : - Tu feras peur à tes femmes en leur disant que les deux autres nourrissons devront mourir afin d'éliminer toute rancoeur de l'âme du pays.
En voyant l'horreur sur le visage de son fils, Atlas s'empressa de le rassurer. - Ne crains rien mon fils. Une mère est prête à tout pour protéger son nouveau-né. Tu verras que tes femmes s'uniront pour ramener la bonne entente qui régnait jadis entre elles. Avant de te laisser appliquer ce jeu du hasard, elles résoudront leur problème.
Cette solution était effrayante mais, parfois, les vieux rois guerriers ont de bien drôles d'idées. Évidemment, la rumeur précéda Atlas II. Au palais, les femmes furent surprises d'entendre ce
que leur beau-père proposait comme solution à leur tendre époux. Elles se réunirent afin de prévenir les risques que pourraient encourir leurs bébés. Entre la sécurité des enfants et la gloire, c'est bien la sécurité qu'elles choisissaient. Le désir de lutter pour un titre s'effaça par magie.
- Nous devons cesser de nous quereller, disait la Reine-Soleil qui en avait déjà assez de toutes les disputes et les cris. - Trois têtes qui règnent, c'est possible. C'est même trois fois mieux. C'était vraiment nouveau d'entendre la rousse, Reine Flavie, parler avec autant de sagesse. - Nous allaiterons nos enfants du lait doux de notre harmonie, chantait la brune Reine Tara.
À peine huit jours plus tard, Atlas II arriva chez lui. Il sourit de voir ses trois femmes assises en cercle, chacune d'elles en train de broder la layette de leur bébé des mots suivants :
MON ENFANT-ROI, Roi de mon coeur !Elles comprenaient enfin que le pays de Mmérie était assez grand pour trois couronnes et qu'à Mmérie, c'était le coeur avant tout qui régnait. Vive les rois!

que pensez- vous de cette histoire????????????



1 commentaire:

Margaux a dit…

J'adore cette histoire !!!!!!!!!!!!!!
Sa montre qu'il y'a de la place pour tout le monde et qu'on peut toujours trouver une bonne solution!